Phyto-Victimes » Un site au service des victimes des produits phytosanitaires

Pour contacter l’association Phyto-Victimes :

Permanence téléphonique le lundi de 14h à 17h, le jeudi de 14h à 17h00 et le vendredi de 9h30 à 11h30.

Si vous souhaitez être contacté en dehors de ces horaires n’hésitez pas à nous envoyer par mail ou par sms ou par courrier votre demande, afin de convenir ensemble d’un rdv téléphonique.

06.74.78.88.27
contact@phyto-victimes.fr
Beauregard, 16700 BERNAC
 
En 2015 l’association Phyto-Victimes a été soutenue par le département de la Charente, la Région Poitou-Charentes , les Ministères de l’Agriculture, de l’environnement et de la Santé, ainsi que par de très nombreux membres.
     Afficher l'image d'origine 

A Montpellier, les victimes des pesticides réunies autour d’une association

ParSOPHIE GUIRAUD
A Montpellier, les victimes des pesticides réunies autour d'une association

Denis Camuset, Jean-Marie Bony (de gauche à droite, premier rang), malades d’avoir manipulé des pesticides. Derrière (à droite), Dominique Marchal et Paul François.

L ‘association Phyto-victimes s’est réunie pour la première fois à Montpellier, le 21 mai. En 2015, elle a accompagné quarante-cinq actions en justice.

Les pesticides ont fait de moi un vieillard. » « Une veuve » pour Caroline, épouse de Yannick, « agriculteur mort des suites d’une leucémie » à 43 ans. « Un paraplégique » pour Denis, 48 ans, « atteint d’un lymphome qui a entraîné une paralysie », conséquence de « la lente accumulation de pesticides dans mon corps ». Derrière les mots qui claquent sur les affiches de l’association Phyto-victimes en assemblée générale à Montpellier le 21 mai, de vraies vies défilent.

Denis, c’est Denis Camuset, agriculteur à la tête de 97 ha dans le Jura, figure emblématique de la lutte pour une reconnaissance des effets délétères des produits phytosanitaires sur la santé. Il est là, sur son fauteuil roulant. Un pionnier. Comme le Spiripontain Jean-Marie Bony. Et Dominique Marchal, de Meurthe-et-Moselle, premier exploitant à avoir obtenu la reconnaissance de son cancer comme maladie professionnelle en 2006, ou encore le Charentais Paul François, président de Phyto-victimes, l’homme qui a fait “tomber” Monsanto, en 2015.

« Les médecins ne savent pas »

Établir un lien de cause à effet entre une maladie et l’exposition à des produits phytosanitaires n’est pas évident. « On a des victimes atteintes de maladies rares, peu documentées », indique Me Lafforgue, qui cite l’exemple d’un dossier en cours à Perpignan, « avec un gros problème d’identification de la maladie ».

Jean-François Rossi, hématologue au CHU de Montpellier, admet : « Les médecins ne savent pas reconnaître les signes de la maladie. Quand vous avez mal à la tête, aux yeux, des vomissements, on vous dit que c’est psychosomatique… Il faudrait, dans les facultés, un enseignement sur ces questions de toxicité qui ne concernent pas uniquement les médicaments mais aussi l’environnement . » L’étude qui fait référence dans le milieu agricole, Agrican, en 2011, concluait qu’un agriculteur a moins de risque de mourir d’un cancer que la population générale. Pour Phyto-victimes, les résultats sont biaisés.

Un chemin « semé d’embûches »

L’année passée, l’association, née en 2011, a recensé « 45 dossiers de victimes » en attente de reconnaissance. Et déjà autant mi-2016. Des agriculteurs, des technico-commerciaux de coopérative agricole, des chercheurs à l’Inra, jardiniers, salariés de l’agroalimentaire… « Nous avons obtenu une douzaine de décisions favorables », se félicite François Lafforgue, figure de la défense des victimes de scandales environnementaux, qui mène invariablement le combat.

Pas toujours couronné de succès : « Le chemin est semé d’embûches », constate l’avocat, confronté « dans 90 % des cas à des expositions prolongées, avec parfois plus de 200 matières actives et cinquante fabricants qui ont disparu ».

« Sous évalué »

Qui est alors coupable ? Il y a un mois, la cour d’appel de Metz a rejeté la demande d’indemnisation de Dominique Marchal. Le 9 juin, François Lafforgue espère une victoire dans le dossier breton Nutrea-Triskalia.

« Il ne faut pas se laisser faire par les organismes de sécurité sociale », martèle l’avocat. Au-delà d’une victoire judiciaire, il se bat pour une estimation juste du handicap lié à l’exposition aux produits toxiques, « sous-évalué ».

Il demande enfin la création d’un « fonds d’indemnisation pour les victimes de pesticides », à l’image de ce qui existe pour l’amiante. « Les choses évoluent », se félicite-t-il néanmoins. « Dans l’opinion publique », chez les politiques, chez les juges, « au plus haut niveau ».

« Il ne suffit pas de dénoncer, il faut apporter des preuves »

Pour aller plus loin, « il ne suffit pas de dénoncer, il faut des preuves », insiste Paul François. Car les questions demeurent. « Quand j’interviens dans un lycée agricole, pour vingt jeunes qui épandent des produits phytosanitaires, un seul se protège, les autres travaillent comme il y a cinquante ans. Pourquoi continue-t-on à faire croire que la seule solution est l’agriculture intensive ? »

Henry Sanchez, maire de Cazouls-d’Hérault, interpelle l’assemblée : « Nous avons des cultures de vignes et de céréales, nous subissons les pulvérisations, qu’est-ce qu’on peut faire légalement ? »Puis encore, un père meurtri : « Mon enfant a eu une leucémie à 7 ans, nous habitons au milieu de champs, est-ce la cause de sa maladie ?

Témoignage : « Repartir à zéro »

« Sans elle, je n’aurais rien fait », répète inlassablement Dominique Marchal. Depuis quatorze ans, Catherine se bat pour la reconnaissance de la maladie de son mari : « Dominique est tombé malade en 2002. Depuis qu’il avait 18 ans, c’était lui qui faisait les traitements de la ferme, 500 hectares exploités en Gaec. On s’est rendu compte du problème lors d’un séjour à la mer. Il avait mal au bras, il devenait bleu… La MSA ne nous a pas pris au sérieux.

Le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) a nommé un expert hématologue qui a posé le diagnostic, et nous a encouragés : “Si vous n’avez pas peur de continuer…” Sa maladie figurait au tableau des maladies professionnelles liées à l’exposition au benzène. Il a fallu trouver du benzène dans les 250 produits qu’il avait manipulés. On en a trouvé huit. On a obtenu la reconnaissance en 2006. Ça a été le premier agriculteur de France. On a continué notre combat pour obtenir une indemnisation.

Le mois dernier, la cour d’appel de Metz a remis en cause le lien de causalité. On a été anéantis. Il faut repartir à zéro. On peut aller en cassation… Avec les attentats, on se dit que l’État a d’autres priorités, on ne débloquera pas d’argent pour nous. Mon mari est toujours agriculteur, le Gaec continue à utiliser des pesticides, c’est compliqué de passer en bio. »

Assemblée générale association Phyto-Victimes

Le 21 Mai 2016 s’est déroulée l’assemblée générale 2015 de l’association Phyto-Victimes à Lattes (34).  120 personnes ont participé à cet évènement : victimes, adhérents, personnalités politiques… ou simplement des personnes sensibles aux causes défendues par l’association.

La journée a commencé par la réalisation de l’assemblée générale statutaire (vous trouverez un résumé des présentations en cliquant ici ) et s’est poursuivie en début d’après-midi avec la diffusion d’un extrait du documentaire Pesticides, nos enfants en danger (Cash Investigation).

Le public a pu échanger avec le journaliste d’investigation du documentaire, Martin Boudot, en duplex du Canada. Après cela, quatre intervenants ont fait part de leurs expériences et connaissances sur l’exposition aux pesticides : le docteur Borhane Slama, chef de service au service hématologie et oncologie médicale au centre hospitalier d’Avignon (cliquer ici pour voir sa présentation) ; le professeur Jean-François Rossi, hématologue au pôle clinique médicale au CHU de Montpellier ; le professeur Charles Sultan, chef du service d’hormonologie au CHU de Montpellier et responsable de l’unité d’endocrinologie pédiatrique et Annie Thébaud-Mony, docteur d’État en sciences sociales, directrice de rechercher honoraire INSERM en santé publique (IRIS/GISCOP 93) et présidente de l’association Henri Pézerat (santé, travail, environnement)

La présence de ces quatre intervenants a permis au public de poser des questions afin de compléter leurs connaissances sur le sujet ou encore de partager leurs vécus, expériences sur la problématique santé-travail. Ces échanges d’une grande qualité ont été très appréciés par l’assemblée.

Il faut remercier Jean-Marie Bony, administrateur local de Phyto-Victimes, qui a tenu a être présent malgré d’importants problèmes de santé et qui a largement contribué à la réussite de cette journée.

Campagne de dons: Nous avons besoin de VOUS…!

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre chaque jour.

L’association Phyto-Victimes a besoin de vous!

Pour nous aider dans l’ensemble des nos actions, marquez votre soutien par une adhésion ou un don, c’est montrer votre engagement, c’est aussi donner du poids à nos revendications, à nos actions, c’est aussi participer notre fonctionnement et l’accompagnement des familles.

Cliquer sur le lien suivant pour effectuer un don: http://www.helloasso.com/associations/phyto-victimes

ou

Imprimer le bulletin et renvoyez le nous à:  PHYTO-VICTIMES, Beauregard, 16700 BERNAC

L’association étant reconnu d’intérêt général depuis 2013, votre don ouvre le droit à une réduction d’impôt pour 66% de son montant.

(nul besoin d’être malade des pesticides pour nous aider )
N’hésitez pas à partager cet appel au don

Merci pour votre aide.

 

 

21 Mai 2016 :Assemblée Générale Phyto-Victimes à LATTES (34)

Inscription Repas cliquez sur le lien suivant:

 Cliquez Ici pour obtenir l’invitation: Invitation