Phyto-Victimes face à Bayer

Bayer a réalisé son assemblée générale le vendredi 26 avril à Bonn (Allemagne). Cette première assemblée depuis le rachat de Monsanto en juin 2018 a rassemblé plus de 4000 personnes venues exprimées tout au long des 13h de réunion leurs inquiétudes concernant ce rachat qui a entraîné la chute de près de 40% de l’action de Bayer, et des centaines de manifestants se sont regroupés pour protester contre les effets des pesticides produits par ces firmes, notamment par les néonicotinoïdes et le glyphosate.
L’association Phyto-Victimes, représentée par son président Paul François, était présente lors cette journée pour porter la voix des professionnels victimes des pesticides. Il a rappelé aux dirigeants de Bayer que des millions de personnes sont impactées par les pesticides, des milliers de plaintes sont en cours, des procédures sont réalisées prouvant que les pesticides ont un impact sur la santé des professionnels. Pourtant un produit comme le Lasso, reconnu par la justice française comme étant un produit défectueux, continue à être produit par « Bayer Agriculture » à Anvers en Belgique, et à être exporté dans les pays asiatiques. Paul François a donc demandé aux dirigeants de Bayer quelle ligne de conduite ils allaient adopter concernant les victimes connues et à venir.
Les réponses de Werner Baumann, directeur général de Bayer, parfaitement rédigées par ses collaborateurs, restent dans l’esprit de Bayer : les procès ayant trait au glyphosate sont toujours en cours et il espère bien que la justice s’appuiera sur des éléments scientifiques – ceux-ci montrant, d’après lui, la non-dangerosité du glyphosate – et non sur des émotions. Si toutefois Bayer est reconnu responsable, la firme assumera et indemnisera les victimes. Werner Bauman a également tenu à préciser que, bien que ce ne soit pas Bayer qui commercialise directement le Lasso, les professionnels des pays asiatiques qui utilisent ce produit sur les cultures de riz sont très satisfaits de ses performances techniques.
Sans surprise les effets des pesticides sur la santé disparaissent du discours du représentant de la firme, et sans la présence de Phyto-Victimes elles n’auraient jamais été évoquées. 
Bien que plus de 55% des actionnaires ont voté contre les actions du directoire (alors que 92 % avaient voté leur confiance l’an passé) les victimes des pesticides n’ont pas leur place dans la politique de cette firme. 
C’est aussi pour cela que l’association Phyto-Victimes continuera à porter la voix des professionnels victimes des pesticides et à défendre leurs droits.